Le SS Central America livre enfin son trésor

Le SS Central America livre enfin son trésor

Surnommé « Ship of Gold » (« le navire de l’or ») le SS Central America, bateau à vapeur de 87 mètres, transportait 477 passagers, 101 membres d’équipage et 15 tonnes de métal précieux, amassées par des chercheurs d’or en Californie. Pris dans un ouragan au large de la Caroline, il coule le 11 septembre 1857. Seuls une cinquantaine de passagers seront secourus. Pendant 130 ans, l’épave demeure introuvable. En 1988, un chasseur de trésor, Thomas Thompson réunit 12 millions de dollars auprès d’investisseurs, pour mener une campagne de recherches. Cette dernière est couronnée de succès : il parvient à remonter 3000 pièces d’or, des pépites, de nombreux lingots, parmi lesquels une énorme barre d’or de 40 kilos, considéré comme le plus gros objet numismatique ayant jamais existé. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les compagnies d’assurances réclament une bonne part du trésor. La justice américaine donne cependant raison au découvreur de l’épave qui décide alors de faire cavalier seul et vend plus de 500 lingots et pièces d’or pour 50 millions de dollars, sans rien reverser à ses investisseurs. Ceux-ci engagent des poursuites, et Thompson est finalement arrêté en 2015, après plus de 10 ans de cavale. Il refuse de dire où il a caché une partie du butin et va directement en prison. Entretemps, une nouvelle campagne est menée par une équipe de scientifiques dirigée par Bob Evans. Des profondeurs de l’océan, ils extraient encore de nombreuses pièces d’une valeur totale de plus d’un million de dollars, sans compter les objets personnels des passagers, comme des daguerréotypes incroyablement conservés.
C’est cette partie du trésor, ajoutée à des pièces remarquables issues des premières plongées, qui a été exposée en février 2018 au Long Beach Convention Center (sud de Los Angeles), au terme d’une longue restauration. Consciente de l’importance historique des objets, l’équipe de Bob Evans a décidé de partager largement ses découvertes auprès du public, via cette exposition et sur Internet. Cependant, le trésor n’ira pas dans un musée : tout est à vendre, à un coût qui s’annonce exorbitant, étant donné la rareté et l’histoire de chaque pièce.

EYS/ATC